Mon parcours de maman

On ne sait jamais, lorsqu’on tombe enceinte, quel parent on va devenir.
Ni à quel point la maternité peut venir bouleverser nos priorités, nos valeurs… et notre rapport au temps.
Avant de devenir maman, j’ai travaillé pendant près de huit ans dans une entreprise en tant que commerciale. Un environnement qui, au fil des années, ne me ressemblait plus. J’y ai vécu un mal-être profond, une pression constante, et une perte de sens progressive. J’avais l’impression de m’éloigner chaque jour un peu plus de ce qui comptait réellement pour moi.
Lorsque je suis devenue maman en 2018, quelque chose s’est cristallisé : je ne voulais plus passer ma vie à courir après des objectifs qui ne faisaient pas sens, au détriment de ma présence auprès de mon enfant.
Quand on a envisagé de me faire reprendre des tournées commerciales, avec encore moins de temps pour mon fils, j’ai compris que je ne pourrais pas continuer ainsi.
J’ai alors pris une décision radicale, mais fondatrice : j’ai tout quitté pour me mettre à mon compte.
Avec le recul, c’est l’une des meilleures décisions de ma vie.
La maternité comme point de bascule
Dès ma grossesse, je voulais faire « au mieux ». Avec le papa, nous avions choisi l’haptonomie. Je lisais beaucoup sur les neurosciences, l’éducation respectueuse, le développement de l’enfant. J’étais animée par de belles intentions… et sans m’en rendre compte, je me mettais aussi énormément de pression.
Concernant le sommeil, comme beaucoup de parents, je pensais qu’il était normal de ne plus trop dormir les tous premiers mois.
Lorsque Félix est né, j’ai été très maternante, très présente. Mais rapidement, j’ai été submergée par les conseils contradictoires, les injonctions, les avis parfois culpabilisants. Je doutais souvent de moi. Ce premier post-partum a été difficile.
Notre bébé pleurait beaucoup. Il avait un tempérament assez réactif, un besoin de contact intense, et ce que l’on appelait alors les « coliques du nourrisson ».
Je suis passée par là…
À ses 9 mois, nous pensions encore que Félix avait des coliques. Il dormait parfois par tranches de 45 minutes la nuit, rarement plus de deux heures consécutives (pourtant dans notre lit). Certaines nuits, il restait éveillé de longues heures.
Nous étions épuisés.
Nous avions tout essayé pour l’aider. Et puis, à force d’entendre « ça passera », nous avions aussi fini par subir.
En réalité, notre enfant n’avait plus de coliques. Nous étions devenus indispensables à son endormissement et à chacun de ses réveils. Il ne parvenait plus à enchaîner ses cycles de sommeil seul. Les pleurs devenaient fréquents, parfois difficiles à consoler, malgré un maternage très présent.
Je ne comprenais pas.
Pourquoi, en répondant à ses besoins de proximité, en étant disponible, aimante, mon bébé se réveillait-il encore toutes les 45 minutes ?
Comprendre, accompagner, transformer
Lorsque nous avons enfin identifié ce qui se jouait réellement, nous avons tenté de changer seuls certaines habitudes… sans succès.
Changer des routines profondément ancrées demande une lecture fine, de la cohérence et du soutien. Nous ne savions pas comment nous y prendre.
Il était hors de question pour nous d’utiliser des méthodes brutales ou de laisser pleurer notre bébé seul. Nous avions besoin d’une approche respectueuse, guidée, humaine.
Nous avons donc fait appel à une aide extérieure.
Cet accompagnement a été un véritable tournant.
J’ai compris que, malgré tout mon amour, je n’avais pas toujours identifié le besoin précis de mon enfant. Je lui offrais souvent la même réponse, alors que son besoin avait évolué.
Très rapidement, Félix a fait sa première nuit complète. Puis son sommeil s’est consolidé.
Notre quotidien a changé. Nous avons retrouvé de l’énergie, de la sérénité, du temps de qualité. Félix était plus reposé, plus apaisé.
